L’accouchement, premier traumatisme du nourrisson

Les bienfaits de l’ostéopathie pour les bébés restent encore peu connus. Pourtant, ils sont nombreux et permettent aux parents de vivre plus sereinement les premiers mois de vie de leur enfant, souvent source d’angoisse et de stress. En effet, il n’est pas rare que le squelette du nourrisson, suite à la compression dans le ventre de sa mère ou à l’accouchement, subisse des microdéplacements, principalement au niveau des vertèbres de son cou, de son crâne en externe et des os plus en profondeur, ainsi que des épaules. Il souffre alors de troubles du sommeil, de coliques, de rhinites, de bronchites et d’otites à répétition, ou encore de régurgitations durant les mois qui suivent sa naissance. Il peut également être sujet aux torticolis à répétition, aux plagiocéphalies, à des maux de tête, à des difficultés pour téter, à des pleurs excessifs chroniques ou à quelques déformations (arrière du crâne aplati, nez écrasé, œil un peu fermé) suite à un accouchement difficile (péridurale, travail long ou court, traction effectuée sur sa tête, naissance prématurée, présentation du nouveau-né par le siège, expression abdominale, césarienne, utilisation de ventouse ou forceps, cordon ombilical enroulé autour du cou, naissance gémellaire, réanimation du bébé…).

Bon à savoir, pour un nourrisson de moins de six mois, la réglementation demande qu’un médecin ait d’abord attesté l’absence de contre-indication avant toute manipulation du crâne, de la face et du rachis par un ostéopathe non médecin (décret n° 2007-435 du 25 mars 2007, article 3). Parlez-en à votre pédiatre ou à votre médecin avant la première séance.

A quel moment consulter un ostéopathe ?

Tous ces facteurs pouvant être susceptibles de perturber le développement de l’enfant, il est essentiel de consulter un ostéopathe dès les premiers signes inquiétants : mauvaise digestion, crispation, tremblements, pleurs incessants, hanches asymétriques, bébé qui dort toujours sur le même côté, strabisme, bronchites fréquentes, respiration bruyante, mauvaise posture des membres inférieurs (et surtout des pieds)… Il est conseillé de consulter dans le premier mois de vie du bébé afin de s’assurer du bon déroulement de sa croissance. Avec des manipulations douces et adaptées à la morphologie des nourrissons, l’ostéopathe rééquilibre les tensions du bébé. Des massages ciblés associés à la chaleur de ses mains permettent également de le calmer.

Dès la naissance, quelques signes invitent à demander l’avis d’un ostéopathe.

  • Une asymétrie des membres, un membre qui paraît plus court, une jambe qui passe par-dessus l’autre, un bras replié
  • Une asymétrie du crâne ou du visage, un œil plus fermé que l’autre, une mâchoire déviée, une oreille décollée
  • La tête tournée toujours du même côté
  • Des difficultés de succion au sein ou au biberon, le bébé fatigue vite en tétant, ne finit pas son biberon, ne grossit pas
  • Un sommeil agité, des pleurs incessants, un bébé remuant et nerveux
  • Un canal lacrymal bouché, les paupières collées avec beaucoup de sécrétions au coin de l’œil
  • Un aplatissement du crâne (plagiocéphalie), souvent lié à un torticolis congénital et à une tête maintenue du même côté
  • Des coliques, une constipation ou des reflux

L’ostéopathie ou l’art de la manipulation

Parce que le nourrisson n’est pas un patient comme les autres, notamment à cause de sa sensibilité et de sa fragilité, l’ostéopathe prend particulièrement soin de lui. Il le stimule, le palpe et le masse sans jamais provoquer de craquement, ni effectuer de pressions fortes. Il travaille sur l’ensemble de son corps (la tête, la colonne vertébrale, le ventre, le bassin, les bras et les jambes, viscères) afin de lui permettre de retrouver une mobilité naturelle et harmonieuse. Une séance d’ostéopathie peut aussi permettre de libérer les tensions situées au niveau de la sphère buccale (bouche, gorge, palais) qui l’empêchent de prendre correctement le sein ou le biberon. Plus calme et détendu, le bébé dort et digère mieux.

Comment se déroule une séance pour un bébé ?

Lors de la consultation, l’ostéopathe interroge d’abord les parents sur les conditions de la grossesse et de l’accouchement, ainsi que sur les symptômes éventuellement observés chez l’enfant. Elle examine ensuite le nouveau-né, observe sa position, le positionnement de sa tête et des os de son crâne, puis procède à des tests indolores et tout en douceur pour déceler les tensions au niveau des membres, de l’abdomen, du cou et de la tête. Elle emploie alors des techniques de traitement toujours très douces qui permettent d’ôter ces tensions. La séance est généralement courte, une trentaine de minutes suffisent le plus souvent. Veillez à ce que votre enfant ait mangé avant la consultation afin qu’il soit plus calme.

A quelle fréquence doit-on consulter ?

Il est donc conseillé de faire un bilan juste après la naissance (idéalement dans les quatre semaines qui suivent, le bébé, en grandissant, devenant de moins en moins malléable), que l’accouchement ait été difficile ou non. En effet, un accouchement même aisé peut engendrer des dysfonctions crâniennes qu’il est nécessaire de diagnostiquer au plus vite. Plus le bébé sera pris en charge tôt, moins il aura besoin de séances. Pour bien faire, celles-ci doivent être espacés d’un à trois mois, ou plus rapprochées selon les cas, car l’ostéopathie s’adapte à chaque patient. Après une session d’ostéopathie, le nourrisson peut être agité pendant quelques heures, puis il dort beaucoup. L’ostéopathe détermine le nombre de séances en fonction du bébé et de sa pathologie.

En grandissant

En grandissant, les nourrissons sont sujets aux coliques et à la pousse des dents. Ils acquièrent le maintien de la tête, puis la position assise, et enfin la marche, en passant par de nombreuses chutes sur les fesses ou la tête. Ces aléas peuvent déséquilibrer leur corps et entraîner des troubles du sommeil, des pleurs, voire une perte d’appétit. Le développement passe par plusieurs phases, tenir sa tête, se retourner sur le ventre, ramper, se tenir assis, se mettre à quatre pattes. Si l’enfant tarde à franchir certaines de ces étapes, cela peut révéler une perte de mobilité qu’un ostéopathe peut aider à lever. Même en l’absence de trouble particulier, un suivi régulier reste utile à titre préventif, comme pour les enfants plus grands et les adultes.